Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 15:00

http://cms.new-art.nl/content/img/new_products/1366189505.jpg

http://www.susanneabbuehl.com

Country : Germany
Genre : Jazz
Style : Jazz

Label : ECM Records
Year : 2013

 

00000000000000DOWNLOAD

00000000000000DOWNLOAD

 

 

Dans ses albums de poésie « en chanté », Susanne Abbuehl accorde aux mots énormément d’espace où se mouvoir. Pour elle, “mettre des vers en musique“ signifie bien plus que fixer les cadences d’un poème dans le cadre d’un arrangement aux formes immuables. Sur “The Gift“, tout comme dans ses précédents disques “April” et “Compass”, elle s’insinue au plus intime des textes dont elle s’empare, explorant dans un même geste amoureux leurs rythmes intérieurs, leurs mélodies propres et leurs sens, pour en quelque sorte les en libérer imperceptiblement et les laisser flotter dans un espace neuf, en toute indépendance… Cette approche singulière est on ne peut mieux illustrée sur ce troisième album que la chanteuse néerlando-suisse publie sur le label ECM, accompagnée du groupe peut-être le plus réceptif qu’elle ait jamais eue à sa disposition.

Enregistré dans le sud de la France durant l’été 2012 “The Gift“, comme les deux précédents, a été produit par Manfred Eicher.

Parmi les textes mis en musique dans ce nouvel opus se mêlent des poèmes d’Emily Dickinson, Emily Brontë, Sara Teasdale ou encore Wallace Stevens, ainsi que les propres mots de la chanteuse. Là où “Compass“ privilégiait le thème du voyage, “The Gift“ se concentre cette fois sur les plaisirs que l’on peut éprouver à rester au port, chez soi, et cherche à saisir la richesse de cette expérience sensitive de la permanence d’un lieu au fil des saisons : “Futiles – les Vents / Pour un cœur au port / Plus de boussole / Plus de cartes !“ chante admirablement Abbuehl, dans son interprétation si sensible du “Wild Nights“ d’Emily Dickinson.

Dickinson (1830-1886), Emily Brontë (1818-1848) et Sara Teasdale (1884-1933) étaient toutes trois, par choix, tempérament ou circonstances, des écrivains solitaires. Mais ce n’est pas parce qu’on reste cloîtré que cela tempère pour autant les élans de l’imagination. Un paysage qu’il soit visuel ou sonore peut-être l’objet d’un rêve si nécessaire. Dickinson, encore : “Pour faire une prairie il faut/ Un trèfle et une abeille/ Une seul trèfle, une abeille/ Et quelques rêveries/ La rêverie suffit/ Si vous êtes à court d’abeilles. »

L’idée que l’on puisse interpréter un monde à travers quelques signes choisis est un thème récurrent de ces poèmes. “In My Room“ est une adaptation du poème de Wallace Stevens “On the Surface of Things“ (publié en 1919) : “Dans ma chambre, le monde excède ma compréhension ; / Mais quand je me promène je vois qu’il se compose de trois ou quatre collines et un nuage.“ En quelques coups de pinceaux le groupe d’Abbuehl donne à ces mots toute leur consistance…

Sept années ont passé depuis la parution de “Compass“. Dans l’intervalle, Abbuehl a continué d’écrire et de composer mais surtout a reconfiguré sa formation. Wolfert Brederode demeure néanmoins au cœur du dispositif. Il faut dire que voilà vingt ans maintenant que ce pianiste néerlandais rencontré sur les bancs du Conservatoire Royal de la Haye, accompagne la chanteuse. Celle-ci ne tarit pas d’éloge à son sujet, vantant sa capacité à saisir l’humeur du moment pour lui donner forme, à proposer des idées musicales et à les développer. Dans le groupe d’Abbuehl, les harmonies subtiles de Brederode sont toujours au service de la musique et du contexte poétique et jamais le pianiste ne donne le sentiment de tirer la couverture à lui.

Virtuose de la trompette et grand spécialiste du bugle, le Suisse Matthieu Michel a intégré l’univers de la chanteuse en 2009, se révélant aussitôt un partenaire musical d’une grande sensibilité. “Nous ne parlons jamais de la direction que la musique devrait suivre. Tout surgit dans la mise en jeu, sans aucun travail de conceptualisation.“ Le bugle de Matthieu Michel fait souvent office de seconde voix mélodique dans ce disque. Parfois le bugle et la voix dérivent ensemble en de fascinants unissons comme dans “This And My Heart“…

On a déjà pu juger de l’extrême finesse du jeu de batterie du Finnois Olavi Louhivuori sur l’album “Dark Eyes“ de Tomasz Stanko. Susanne a joué la première fois avec lui à Helsinki en 2007 : “Ce qui frappe instantanément c’est à quel point son jeu entre en résonance avec la voix. Il trouve toujours de nouvelles approches, de nouvelles couleurs et sa batterie ouvre la musique dans toutes ses dimensions.“

Là où dans ses précédents disques Abbuehl puisait volontiers dans le répertoire d’autres compositeurs de jazz — on se souvient de Chick Corea et de Sun Ra dans “Compass“ ; de Carla Bley et Thelonious Monk dans “April“ — la musique dans “The Gift“ est dans sa quasi totalité de sa plume. Seule exception, “Soon (Five Years ago)“ dont les paroles sont de Susanne mais la musique de Wolfgang Lackerschmid.

Source

Susanne Abbuehl – voice
Matthieu Michel – flugelhorn
Wolfert Brederode – piano, Indian harmonium
Olavi Louhivouri – drums, percussion

 

Tracklist :

01. The Cloud 5:11
02. This And My Heart 3:38
03. If Bees Are Few 1:39
04. My River Runs To You 5:20
05. Ashore At Last 7:36
06. Forbidden Fruit 2:03
07. By Day, By Night 4:03
08. A Slash Of Blue 1:33
09. Wild Nights 6:40
10. In My Room 4:53
11. Bind Me 1:21
12. Soon (Five Years Ago) 3:14
13. Fall, Leaves, Fall 4:04
14. Sepal 1:31
15. Shadows On Shadows 4:02
16. This And My Heart, Var. 4:27

 

Partager cet article

Repost 0
Published by DJ DemonAngel - dans Jazz
commenter cet article

commentaires

Search