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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 17:30

    CONNECT REVIEW
Une carrière en pointillé : un album suivi d’une longue absence. Voilà le cycle auquel nous a habitué Lhasa depuis son premier album, et qui ressemble à tout sauf à un plan de carrière établi. Six ans après "The living road" et douze depuis "La Llorona", "Lhasa", album éponyme déboussole et ancre son imaginaire dans une Amérique du Nord rêvée et unique.
Il y a chez Lhasa une combinaison géographique cryptée et complexe. Le premier album faisait immédiatement penser au Mexique, à une Amérique centrale imaginée, imagée aussi, s’accrochant aux figures mythiques ancestrales (la Llorona). Le second glissait déjà, en voyageur habité vers des latitudes septentrionales, se jouant des langues, chantant indifféremment l’Anglais, l’Espagnol et le Français. Lhasa aujourd’hui rêve l’Amérique du Nord, chante en Anglais exclusivement, s’entoure des sonorités de la harpe, du dobro et du pedal steel, en Americana globale. Les pistes avaient dès le début été faussées avec ses origines aux sangs mêlées, son mode de vie nomade et bohème. La situer faussement au Mexique avait quelque chose de rassurant, le mythe pouvait bien se construire. C’est aussi la raison pour laquelle le deuxième album avait sonné comme une forme de trahison aux yeux de certains. "The living road" (voir notre article) était pourtant nécessaire pour permettre la réalisation de "Lhasa", l’album autant que la chanteuse, dont la voix grave prend ici toute sa dimension, humaine, profonde et délicate à la fois. Dans cette Amérique parcourue du Sud au Nord, Lhasa reste insaisissable et totalement perméable à son environnement, tirant sa force de sa fragilité et irradiant ce disque d’une présence presque palpable.
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