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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 16:16
 



Troisième album de Jesse Sykes & The Sweet Hereafter, Like, Love, Lust & The Open Halls Of The Soul permet au groupe de prendre enfin ses distances avec les standards americana de ses débuts. Assisté d’un nouveau batteur, le combo s’embarque donc sur son disque le plus aventureux. En effet, souvent plus enlevé que ses prédécesseurs (notamment sur des titres comme "You Might Walk Away" ou l’impressionnant "I Like The Sound"), ce nouvel album permet à Jesse Sykes de flirter brièvement avec la Soul ou la pop Sixties, tout en s’avançant majestueusement, et au travers de ballades toujours plus hantées (où sa voix envoûtante irradie mieux que jamais), vers le splendide morceau titre qui clôt l’ensemble sur une saisissante apothéose.

Récemment sollicitée pour accompagner Bright Eyes en tournée, mais aussi pour prêter sa voix sur le projet Altar (chez Southern Lord), première collaboration du duo néo-doom SunnO))) (dont le leader Greg Anderson dit apprécier le son "austère et profond" des Sweet Hereafter) et du trio japonais Boris, Jesse Sykes continue de dresser des passerelles entre les genres, s’éloignant ainsi toujours un peu plus (ou un peu mieux) d’une sphère americana jugée trop étroite.

C’est, en tout cas, avec la même volonté de ne surtout pas se laisser enfermer dans un style trop cloisonné que la chanteuse a cherché à emmener ses Sweet Hereafter vers des horizons plus vastes sur Like, Love, Lust & The Open Halls Of The Soul, son troisième album. "Ce que nous voulions le plus, explique la chanteuse, avec ce disque, c’était qu’il renvoie l’image d’un groupe qui continue à grandir, à s’épanouir." Ce souci n’est évidemment pas anodin pour un groupe qui, arrivé à un stade décisif de son évolution, sait pertinemment que son salut passe plus que jamais par la recherche d’une vraie dynamique collective. Et c’est notamment dans cet état d’esprit qu’a été engagé Eric Eagle, le nouveau batteur. Jesse Sykes : "Son jeu est pour beaucoup dans l’évolution de notre son. Il nous a poussé à ne pas nous reposer sur nos acquis."

Ainsi, deux ans après l’excellent Oh, My Girl qui avait achevé de l’installer parmi les figures les plus captivantes et atypiques de l’alternative country américaine, Jesse Sykes s’est embarquée dans un troisième voyage en compagnie de ses Sweet Hereafter. Elle explique : "J’ai l’impression que je me suis davantage laissée aller sur ce disque. Je suis notamment partie du principe que la vie était aussi importante que l’art et qu’il ne devait pas y avoir de séparation entre les deux."
De son propre aveu, l’expérience aura même été plutôt éprouvante : "De toute façon, chaque enregistrement est toujours un peu douloureux dans la mesure où le processus créatif implique une sorte de distillation de l’âme. Quelque chose vous traverse et ça ne peut pas se faire sans difficulté ou sans bouleversement..." Avant d’ajouter : "Lorsqu’un enregistrement s’étale sur plusieurs mois, comme ce fut le cas ici, on se retrouve embarqué dans une aventure collective qui empêche de rester concentré sur ses propres problèmes. En même temps, il est aussi difficile de ne pas se sentir happé par les soucis des autres, surtout lorsqu’on a, comme moi, un tempérament très empathique. J’imagine que c’est ce qui rend les choses si compliquées à gérer..."

Selon Jesse Sykes, le véritable point de départ de l’album a été le moment où elle en a trouvé le titre : "‘The Open Halls Of The Soul’ était la première chanson que j’écrivais pour ce disque et je me suis tout de suite dit que ce serait un très bon titre pour l’album. Pour moi, ce morceau était comme une sorte de voyage intérieur qui devait me conduire à une sorte de transformation. J’aimais aussi cette idée d’un disque tournant autour du thème du renoncement, d’une forme d’abandon (‘And I wouldn’t be surprised / If we never sang this song again’, ce que l’on pourrait traduire par ‘Je ne serais pas surprise / Si nous ne chantions plus jamais cette chanson’)."

Passée cette étape, son écriture s’est libérée, ce qui a permis au groupe d’explorer de nouvelles pistes comme la pop aux accents Sixties de "You Might Walk Away" ou la résonance très soul de "The Air Is Thin" (dont les cuivres semblent directement issus des orchestrations Stax telles qu’on les entend sur les balades d’Otis Redding, par exemple), tout en continuant de creuser le sillon magnifique de ces ballades envoûtantes ("Eisenhower Moon", "Station Grey") sur lesquelles la voix de Jesse Sykes brille toujours avec autant d’intensité.

Finalement, Like, Love, Lust & The Open Halls Of The Soul s’achève sur la magnifique apothéose du morceau titre qui doit bien être l’une des plus franches réussites du groupe, à ce jour.
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